Acouphènes : causes, traitements et ce qui aide vraiment

  • , par l'équipe de recherche SANUSq
  • 8 min temps de lecture
Acouphènes : causes et pistes de traitement

Ce sifflement ou ce bourdonnement dans les oreilles que personne d'autre n'entend a un nom : les acouphènes. Très répandus et souvent mal compris, ils inquiètent autant qu'ils agacent. Voici les causes des acouphènes, ce que recouvre réellement leur traitement, et un regard honnête sur les remèdes — magnésium compris.

Qu'est-ce que les acouphènes ?

Les acouphènes désignent la perception d'un son — sifflement, bourdonnement, tintement, sifflet — en l'absence de source extérieure. Ce n'est pas une maladie en soi, mais un symptôme, le signe que quelque chose, quelque part dans le système auditif ou au-delà, attire l'attention. Ils peuvent être passagers ou permanents, discrets ou envahissants, et leur intensité vécue tient autant à la façon dont le cerveau y réagit qu'au son lui-même.

Les causes des acouphènes : ce qui se cache derrière le son

La cause la plus fréquente est une atteinte de l'audition — liée à l'âge ou à l'exposition au bruit — qui prive le cerveau de certaines fréquences ; celui-ci, en quelque sorte, « monte le volume » et génère un son fantôme. D'autres causes existent : un simple bouchon de cérumen, une infection ou une inflammation de l'oreille, certains médicaments, une exposition sonore intense, le stress, ou des affections comme la maladie de Ménière. Le stress et le manque de sommeil n'en sont pas toujours la cause, mais ils aggravent presque toujours la perception.

Quand consulter un médecin

La plupart des acouphènes sont bénins, mais certains signaux imposent un avis médical : des acouphènes d'un seul côté, d'apparition soudaine, accompagnés d'une perte d'audition, de vertiges ou pulsatiles (au rythme du cœur). Une consultation permet d'en rechercher la cause, d'écarter ce qui doit l'être et d'orienter la prise en charge — car les acouphènes se gèrent d'autant mieux qu'on en comprend l'origine.

Comment on prend en charge les acouphènes

Il n'existe pas, dans la plupart des cas, de « pilule miracle » qui les fasse disparaître — et méfiez-vous de qui le promet. La prise en charge vise plutôt à en réduire l'impact : traiter une cause identifiable (bouchon, médicament en cause), appareiller une perte auditive (souvent, mieux entendre atténue le son fantôme), utiliser des sons d'ambiance ou des générateurs pour détourner l'attention, et surtout des approches comme la thérapie sonore et les thérapies comportementales, qui aident le cerveau à reléguer le son à l'arrière-plan. Gérer le stress et le sommeil fait souvent une vraie différence sur le vécu. Beaucoup de personnes remarquent aussi que certains facteurs — caféine en excès, alcool, tabac, nuits trop courtes — rendent le son plus présent ; les repérer et les modérer fait partie intégrante de la prise en charge, sans rien coûter ni présenter de risque.

La question du magnésium

Parmi les remèdes des acouphènes souvent évoqués, le magnésium revient régulièrement. La théorie est plausible — le magnésium intervient dans la fonction nerveuse et protégerait l'oreille interne du stress sonore — mais il faut être honnête sur le niveau de preuve.

Une petite étude sans groupe contrôle, portant sur du magnésium oral (532 mg par jour pendant trois mois) chez 26 personnes souffrant d'acouphènes, a rapporté une réduction de leur sévérité chez celles qui présentaient au départ des symptômes au moins légers (Cevette et al., 2011). Mais il faut le lire avec prudence : petit effectif, absence de placebo, résultat préliminaire.

Autrement dit : la piste du magnésium est intéressante, non établie. Corriger une carence en magnésium est utile pour bien d'autres raisons, et cela ne peut pas nuire ; mais il ne faut pas attendre du magnésium qu'il « guérisse » des acouphènes, ni s'en remettre à lui plutôt qu'à un avis médical.

Protéger son audition

Puisque la première cause des acouphènes est l'atteinte de l'audition, la meilleure prévention est de ménager ses oreilles. Limitez l'exposition aux sons forts, baissez le volume du casque (la règle des 60/60 — 60 % du volume, 60 minutes — est un bon repère), et portez des protections dans les environnements bruyants, concerts ou travaux compris. Protéger l'audition aujourd'hui, c'est réduire le risque d'acouphènes demain — et éviter d'aggraver ceux qui existent déjà.

Bien vivre avec des acouphènes

Voici le message le plus important, et le plus encourageant : pour la grande majorité des personnes, les acouphènes deviennent avec le temps beaucoup plus faciles à vivre. Le cerveau s'y habitue naturellement (un phénomène d'habituation), surtout lorsqu'on réduit le stress, qu'on protège son sommeil et qu'on cesse de guetter le son. Les approches sonores et comportementales accélèrent ce processus. Les acouphènes sont réels et parfois éprouvants, mais ils sont rarement dangereux, et bien accompagnés, ils cessent le plus souvent d'occuper le devant de la scène. Se rappeler que le phénomène est courant, rarement grave et généralement appelé à s'atténuer aide déjà à en desserrer l'emprise — l'inquiétude étant, souvent, ce qui rend les acouphènes les plus difficiles à supporter.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qui cause les acouphènes ?

Le plus souvent une atteinte de l'audition, liée à l'âge ou au bruit : privé de certaines fréquences, le cerveau génère un son fantôme. D'autres causes incluent un bouchon de cérumen, une infection, certains médicaments, une exposition sonore intense ou la maladie de Ménière. Le stress et le manque de sommeil aggravent la perception.

Les acouphènes disparaissent-ils ?

Souvent, oui, ou du moins ils deviennent bien plus faciles à vivre. Les acouphènes passagers cèdent fréquemment ; les acouphènes durables persistent, mais le cerveau s'y habitue avec le temps, surtout si l'on réduit le stress et qu'on cesse de les guetter.

Le magnésium aide-t-il contre les acouphènes ?

La preuve est faible. Une petite étude sans groupe contrôle a suggéré un bénéfice, mais elle est trop limitée pour conclure. Corriger une carence en magnésium est utile par ailleurs et sans risque, mais il ne faut pas en attendre une guérison des acouphènes ni y renoncer à un avis médical.

Quand faut-il consulter pour des acouphènes ?

Consultez si les acouphènes sont soudains, d'un seul côté, pulsatiles (au rythme du cœur), ou accompagnés d'une perte d'audition ou de vertiges. Un avis médical permet d'en chercher la cause et d'écarter ce qui doit l'être.

Le stress aggrave-t-il les acouphènes ?

Oui, très souvent. Le stress et le manque de sommeil n'en sont pas forcément la cause, mais ils amplifient la perception et rendent le son plus envahissant. Gérer le stress et protéger son sommeil améliore nettement le vécu.

Existe-t-il un traitement des acouphènes ?

Il n'y a pas de pilule miracle, mais beaucoup peut aider : traiter une cause identifiable, appareiller une perte auditive, la thérapie sonore et les thérapies comportementales, qui aident le cerveau à reléguer le son à l'arrière-plan. L'objectif est d'en réduire l'impact, plutôt que de promettre un silence total.

Références

  1. Cevette MJ, Barrs DM, Patel A, et al. Phase 2 study examining magnesium-dependent tinnitus. International Tinnitus Journal. 2011;16(2):168–173. Int Tinnitus J, 2011

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