Les radiations — qu'elles viennent d'un examen médical, de l'environnement ou de l'espace — endommagent les cellules en générant des radicaux libres. Les antioxydants comme la vitamine C pourraient-ils aider à s'en protéger ? Voici ce que la recherche sur la vitamine C et les radiations suggère, et une mise en garde importante à connaître.
Rédigé par l'équipe de recherche SANUSq | Contrôle médical : Dr Ajay Kumar, MD
Publié : 26 avril 2019 | Mis à jour : 3 septembre 2026
Comment les radiations abîment les cellules
Les rayonnements ionisants (rayons X, gamma, particules) endommagent les cellules de deux façons. Directement, en cassant l'ADN ; et indirectement — c'est la voie majeure — en brisant les molécules d'eau du corps pour générer une pluie de radicaux libres qui attaquent à leur tour l'ADN, les protéines et les membranes. C'est ce déluge de stress oxydatif qui explique l'essentiel des dégâts. Or, contre le stress oxydatif, le corps dispose justement d'un rempart : les antioxydants.
Antioxydants, protection et la logique des radicaux libres
La logique est séduisante : si les radiations nuisent surtout via les radicaux libres, alors renforcer les défenses antioxydantes pourrait, en théorie, en limiter les dégâts. C'est cette idée qui a conduit à étudier divers antioxydants comme « radioprotecteurs » potentiels.
Une revue des agents radioprotecteurs a noté que les rayonnements ionisants génèrent des radicaux libres et des espèces réactives de l'oxygène, et qu'un ensemble d'antioxydants — dont la vitamine C — ont été étudiés pour leur capacité à atténuer ces dommages (Smith et al., 2017).
Pourquoi la vitamine C intéresse
La vitamine C est un candidat naturel : c'est un antioxydant hydrosoluble puissant, présent partout dans le corps, capable de neutraliser directement les radicaux libres et de régénérer d'autres antioxydants. Sa faible toxicité et sa disponibilité en font un sujet d'étude logique. D'où l'intérêt récurrent pour son rôle éventuel face aux dommages radio-induits.
Ce que la recherche couvre — et ne couvre pas
Ici, l'honnêteté s'impose, car le sujet est plus complexe qu'il n'y paraît. La plupart des données proviennent d'études en laboratoire ou chez l'animal, où la vitamine C a montré des effets protecteurs. Les preuves solides chez l'humain, dans la vie réelle, sont bien plus limitées. Surtout, il existe une nuance capitale et souvent ignorée : dans le contexte d'une radiothérapie contre le cancer, prendre de fortes doses d'antioxydants n'est pas anodin. La radiothérapie utilise les radicaux libres pour détruire les cellules cancéreuses ; des antioxydants à haute dose pourraient théoriquement protéger aussi les cellules tumorales et réduire l'efficacité du traitement. C'est pourquoi toute personne sous radiothérapie ne doit jamais prendre de compléments antioxydants sans l'accord explicite de son équipe d'oncologie.
Les antioxydants fonctionnent en réseau
Un autre enseignement de la recherche : les antioxydants ne travaillent pas seuls, mais en équipe. La vitamine C régénère la vitamine E, le glutathion épargne la vitamine C, et ainsi de suite. C'est pourquoi l'idée de se protéger avec une mégadose d'un seul antioxydant est trompeuse : c'est l'équilibre global du réseau, entretenu par une alimentation variée, qui compte, bien plus qu'un nutriment isolé pris à forte dose.
Les radiations de la vie courante
Il est utile de distinguer les sources de radiations. Le rayonnement naturel (soleil, rayonnement cosmique, radon selon les régions) et les examens médicaux (radiographies, scanners) représentent l'essentiel de l'exposition de la population — à des niveaux généralement faibles et encadrés. À ces doses, il n'y a pas lieu de recourir à des mégadoses d'antioxydants pour se « protéger » : le bénéfice n'est pas démontré, et le corps gère très bien un stress oxydatif modéré grâce à ses défenses naturelles, soutenues par une bonne alimentation. La vraie prévention, ici, passe par les protections adaptées (limiter les examens non nécessaires, se protéger du soleil) plutôt que par la supplémentation.
Le réseau antioxydant du corps
Un dernier point éclaire tout le sujet : le corps ne dépend pas que des antioxydants alimentaires. Il fabrique aussi les siens, à commencer par le glutathion, son « maître antioxydant », et il dispose d'enzymes antioxydantes puissantes. La vitamine C s'insère dans ce réseau, qu'elle renforce sans le remplacer. C'est pourquoi entretenir l'ensemble — par le sommeil, une activité modérée, une alimentation colorée — protège bien mieux qu'une focalisation sur un seul nutriment. Face aux radicaux libres, quelle qu'en soit l'origine, c'est l'équilibre d'ensemble qui fait la force. Nourrir ce réseau au quotidien vaut mieux que de chercher un bouclier dans une seule molécule, si intéressante soit-elle. C'est là, plus que dans toute mégadose, que réside la vraie protection contre le stress oxydatif du quotidien.
Couvrir ses besoins en vitamine C au quotidien
Pour la plupart des gens, hors contexte médical particulier, l'essentiel est simple : entretenir un bon statut en vitamine C par une alimentation riche en fruits et légumes frais (agrumes, kiwi, poivrons, brocoli). C'est ainsi que l'on soutient au mieux les défenses antioxydantes naturelles du corps, jour après jour. Face aux radiations de la vie courante (soleil, examens médicaux ponctuels), il n'y a pas lieu de recourir à des mégadoses : une bonne hygiène alimentaire, et les protections adaptées quand elles existent (écran solaire, protocoles médicaux), restent la meilleure approche.
Questions fréquentes
La vitamine C protège-t-elle des radiations ?
Comme antioxydant, elle peut aider à neutraliser les radicaux libres générés par les radiations — un effet observé surtout en laboratoire et chez l'animal. Les preuves solides chez l'humain sont limitées, et un bon statut alimentaire compte plus qu'une mégadose.
Faut-il prendre de la vitamine C pendant une radiothérapie ?
Pas sans l'accord de votre équipe d'oncologie. La radiothérapie utilise les radicaux libres pour détruire les cellules cancéreuses ; de fortes doses d'antioxydants pourraient théoriquement protéger aussi la tumeur et réduire l'efficacité du traitement. Ne prenez jamais de compléments antioxydants sans avis médical dans ce contexte.
Comment les radiations abîment-elles les cellules ?
Surtout indirectement : elles brisent les molécules d'eau pour générer des radicaux libres qui attaquent l'ADN, les protéines et les membranes. C'est ce stress oxydatif qui explique l'essentiel des dégâts, et que les antioxydants pourraient en théorie atténuer.
Une mégadose d'un antioxydant est-elle plus protectrice ?
Non. Les antioxydants travaillent en réseau, chacun régénérant les autres. C'est l'équilibre global, entretenu par une alimentation variée, qui compte — bien plus qu'un seul nutriment pris à forte dose.
Comment soutenir ses défenses antioxydantes ?
Par une alimentation riche en fruits, légumes, herbes et épices colorés, qui apporte tout le réseau des antioxydants. Le corps fabrique aussi les siens, que le sommeil, l'activité modérée et la gestion du stress aident à entretenir.
Faut-il s'inquiéter des radiations du quotidien ?
Pour les expositions courantes (soleil, examens médicaux ponctuels), il n'y a pas lieu de recourir à des mégadoses d'antioxydants. Une bonne hygiène alimentaire et les protections adaptées (écran solaire, protocoles médicaux) restent la meilleure approche.
Références
- Smith TA, Kirkpatrick DR, Smith S, et al. Radioprotective agents to prevent cellular damage due to ionizing radiation. J Transl Med. 2017;15(1):232. PMID 29121966
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