Additifs alimentaires à éviter : la liste, sans paranoïa

  • , par l'équipe de recherche SANUSq
  • 8 min temps de lecture

La liste des ingrédients d'un produit transformé ressemble parfois à une formule de chimie. Tous ces additifs sont-ils à craindre ? La vérité est nuancée : la plupart sont sûrs, mais quelques-uns méritent l'attention. Voici les additifs alimentaires à éviter en priorité, sans tomber dans la paranoïa, et comment les repérer.

D'abord, un peu de recul

Avant la liste, une mise au point utile : « additif » ne veut pas dire « poison ». Beaucoup d'additifs sont inoffensifs, parfois même naturels (la vitamine C comme conservateur, par exemple). L'enjeu n'est pas de tout fuir, mais de repérer la poignée d'ingrédients pour lesquels des questions légitimes se posent, souvent liés aux produits ultra-transformés. Réduire ces derniers règle d'ailleurs l'essentiel du problème d'un seul geste.

1. Le sirop de glucose-fructose

Omniprésent dans les produits industriels sucrés (sodas, sauces, biscuits), ce sirop bon marché est riche en fructose, métabolisé par le foie et associé, en excès, à la stéatose hépatique et aux dérèglements métaboliques. Ce n'est pas l'additif le plus « toxique », mais un marqueur de produits à limiter.

2. Nitrites et nitrates

Utilisés pour conserver et colorer les charcuteries, les nitrites et nitrates peuvent former, à la cuisson ou dans l'organisme, des composés (nitrosamines) suspectés d'être cancérogènes. C'est l'une des raisons pour lesquelles les charcuteries sont à consommer avec modération.

3. Les édulcorants artificiels

Censés remplacer le sucre, ils ne sont pas sans questions, notamment sur le microbiote intestinal.

Des recherches ont montré que les édulcorants artificiels peuvent modifier le microbiote intestinal d'une manière liée à une intolérance au glucose chez la souris et chez certaines personnes, suggérant des effets encore mal compris (Suez et al., 2014).

4. Les colorants alimentaires artificiels

Certains colorants de synthèse ont été associés, dans des études, à une hyperactivité chez les enfants sensibles, et font l'objet d'étiquetages d'avertissement dans certains pays. Comme ils n'apportent rien sur le plan nutritionnel — ils ne servent qu'à « faire joli » — les éviter ne coûte rien.

5. Les arômes artificiels

Moins préoccupants sur le plan sanitaire, les arômes artificiels signalent surtout un produit très transformé, conçu pour imiter un goût qu'il ne contient pas vraiment. Leur présence est un bon indicateur pour reposer le produit.

6. Les graisses trans (huiles partiellement hydrogénées)

Celles-là font l'unanimité contre elles : les graisses trans industrielles augmentent le mauvais cholestérol et abaissent le bon, avec un effet clairement néfaste sur le cœur. À éviter sans discussion — elles sont d'ailleurs interdites ou restreintes dans de nombreux pays.

7. Le benzoate de sodium

Ce conservateur courant (boissons, sauces) est généralement sûr aux doses autorisées, mais combiné à la vitamine C, il peut former du benzène, un cancérogène — une réaction surveillée par les fabricants. Un exemple de pourquoi le contexte compte plus qu'un ingrédient isolé.

8. Le bromate de potassium

Utilisé comme améliorant dans certaines farines et pains (interdit dans de nombreux pays), il suscite des inquiétudes.

Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) classe le bromate de potassium en groupe 2B, « peut-être cancérogène pour l'homme », sur la base de tumeurs rénales et thyroïdiennes observées dans des études animales (CIRC).

Ce que signifie vraiment un numéro E

Un mot pour dédramatiser : un « numéro E » n'est pas un signe de danger, mais simplement le code d'un additif autorisé dans l'Union européenne après évaluation. Beaucoup de E sont parfaitement anodins, voire naturels : l'E300 est… la vitamine C, l'E160a le bêta-carotène. Juger un aliment à la seule présence de numéros E est donc trompeur. Ce qui compte, c'est quels additifs, et surtout le degré de transformation global du produit.

Le contexte compte plus que l'ingrédient

Un principe traverse toute cette liste : en toxicologie, c'est la dose qui fait le poison. La plupart des additifs autorisés sont sûrs aux quantités où on les rencontre ; le problème naît de l'accumulation, dans une alimentation dominée par les produits ultra-transformés. Chercher les ingrédients à éviter dans l'alimentation un par un, avec angoisse, est moins utile que de reculer d'un pas : moins un produit est transformé, moins il contient d'additifs, et plus il a de chances d'être bon pour la santé. Le vrai marqueur n'est pas tel ou tel additif isolé, mais le degré global de transformation.

Cuisiner, la meilleure défense

Il n'existe pas de meilleure parade que de cuisiner soi-même, à partir d'aliments bruts. Un plat maison ne contient que ce qu'on y met — pas de conservateurs, colorants ou arômes ajoutés. Nul besoin d'y consacrer des heures : des recettes simples, des légumes, des céréales complètes, des légumineuses et un peu de bon sens suffisent à réduire drastiquement son exposition aux additifs, tout en mangeant mieux. C'est le geste qui règle, d'un coup, la quasi-totalité de la question — sans transformer chaque course en enquête.

Réduire, sans l'anxiété

La bonne stratégie n'est pas de traquer chaque ingrédient avec angoisse, mais de déplacer le curseur vers une alimentation moins transformée : cuisiner davantage à partir d'aliments bruts, privilégier les produits aux listes d'ingrédients courtes et lisibles, et se méfier surtout des ultra-transformés. En réduisant ces derniers, on élimine d'un coup la plupart des additifs préoccupants, sans avoir à devenir un expert des étiquettes ni à se gâcher chaque repas.

Questions fréquentes

Quels additifs alimentaires faut-il éviter ?

En priorité : les graisses trans (huiles partiellement hydrogénées), à éviter sans discussion ; et, avec modération, le sirop de glucose-fructose, les nitrites des charcuteries, les colorants et arômes artificiels. La plupart des autres additifs sont sûrs aux doses autorisées.

Tous les additifs sont-ils dangereux ?

Non. « Additif » ne veut pas dire « poison » : beaucoup sont inoffensifs, voire naturels (la vitamine C est un additif). L'enjeu est de repérer la poignée d'ingrédients discutables, surtout dans les produits ultra-transformés.

Un numéro E est-il un signe de danger ?

Non. Un numéro E est simplement le code d'un additif autorisé après évaluation. Beaucoup sont anodins ou naturels (l'E300 est la vitamine C). Juger un aliment à la seule présence de numéros E est trompeur.

Les colorants alimentaires sont-ils mauvais pour les enfants ?

Certains colorants de synthèse ont été associés à une hyperactivité chez les enfants sensibles, et font l'objet d'avertissements dans certains pays. Comme ils n'apportent rien nutritionnellement, les éviter ne coûte rien.

Comment réduire les additifs sans stress ?

En cuisinant davantage à partir d'aliments bruts, en privilégiant les listes d'ingrédients courtes et en limitant les ultra-transformés. Cela élimine d'un coup la plupart des additifs préoccupants, sans devenir expert des étiquettes.

Les graisses trans sont-elles vraiment à bannir ?

Oui : ce sont les seules à faire l'unanimité contre elles. Elles augmentent le mauvais cholestérol et abaissent le bon, avec un effet clairement néfaste sur le cœur. Évitez les « huiles partiellement hydrogénées » sur les étiquettes.

Références

  1. Suez J, Korem T, Zeevi D, et al. Artificial sweeteners induce glucose intolerance by altering the gut microbiota. Nature. 2014;514(7521):181–6. PMID 25231862

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